Sur la piste des disparues de Ciudad Juarez

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Jean-Pierre Brault et Thierry Planche

Cuidad Juarez, Mexique, 400 meurtres d'une cruauté inimaginable...

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SUR LA PISTE DES DISPARUES

Par Jean-Pierre Brault et Thierry Planche :: 24/09/2006 à 18:24 :: SUR LA PISTE DES DISPARUES

 

CUIDAD JUAREZ, AOUT 2006.
 
Comme tous les matins, mon taxi traverse cette ville étirée et poussiéreuse
pour rejoindre la route de Casas Grandes.

Par la vitre je regarde défiler le paysage; partout le même: des parcs industriels appelés ici maquiladoras, des terrains vagues, des casses automobiles et des maisons de parpaings à l'abandon. Sur qu'on ne vient pas ici pour faire du tourisme ! 

 Je voudrais être ailleurs. Mais voilà, je me suis promis de retrouver la trace de ces gamines et de les faire sortir de l'oubli. Et je suis un entêté. Je sais, c'est osé et un peu fou, mais c'est comme ça. Alors pourquoi ? Allez savoir !

Je sens qu'il faut que je le fasse. Ce sont des choses que je ressens parfois de façon animale, presque instinctive dans ma vie de prospecteur et que je n'arrive pas à cerner. Comprenne qui pourra. Je pense souvent à ce vieil indien Tarahumara un peu fou et nourri au peyotl, ce cactus divin, qui s'imaginait des choses et voyait partout des fantômes.
Leurs esprits lui murmurant des trucs à l'oreille. Peut ètre que moi aussi je m'imagine des choses, que je suis devenu aussi barré que lui.


Nous sortons maintenant des faubourgs de la ville. Mon taxi me parle de Pancho Villa, figure emblématique de la révolution mexicaine, de son épopée dans la Sierra Madre où autrefois, Thierry et moi,  avions tenté de mettre la main sur son supposé mythique trésor de guerre. Le souvenir de Villa est encore vivace ici. De plus mon chauffeur sait que je connais sa fille, Guadalupe Villa Quezada  et rien que pour ça je serai toujours pour lui un peu plus qu'un gringo ordinaire.

Sorti de Juarez, on entre tout de suite dans le désert.Ce désert envoutant et inquiétant, parsemé d'enclaves cloturées, appartenants aux grosses dynasties de la région.


De chaque coté de la route, des chemins sablonneux éloignés de tout habitat, où parfois les voitures ont du mal à se croiser, filent vers on ne sait ou.

On  a vite le sentiment que tout peut y arriver.

Quand on a commencé Thierry et moi à éplucher et traduire tous les documents et rapports que nous trouvions en espagnol sur Internet, on s'était très vite aperçu que pas mal de cadavres avaient été decouvert dans ce secteur, jetés comme des paquets de linges sales dans les terrains vagues ou aux abords des pistes. Bien sur, il y avait bien d'autres endroits, comme Anapra ou Lomas de Poleo, mais j'avais du choisir afin de restreindre ma zone de prospection. Assurément, la route de Casas Grandes était un des terrains de chasse des assassins.

Je demande maintenant à mon chauffeur de quitter la route pour emprunter une voie secondaire. Nous nous enfonçons donc sur une de ces pistes sinistres et défonçées où quelques jours plus tôt, j'ai découvert dans les terrains privés alentours, des vêtements et des sous- vêtements, mêmes pas enterrés.

 

Je ne suis pas sur que cela veuille dire grand chose car j'ai l'impression que tous les mexicains de Juarez prennent ce désert pour un décharge. Au fur et à mesure que nous roulons, je me concentre sur le paysage.

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